Les Mouches


blablablaLors de nos nombreuses excursions de pêche, il nous arrive parfois d'être les témoins d'un événement inusité. C'est en classant mes manuscrits que l'idée m'est venue de vous en raconter quelques-unes.

Les Brochets se nourrissent dans les arbres
La Curiosité des Poissons
La Grosseur du Poisson versus sa prise
La Vérité sur la pêche électrique
Pas besoin d'être très vite pour prendre l'Achigan
Les Températures préférentielles pour les Salmonidae
Non aux expériences sur le Poisson
La barbotte se prend-elle à la mouche


Les brochets se nourrissent dans les branches d'arbre.

Nous connaissons tous la voracité légendaire du brochet. Plusieurs d'entre nous en ont vu attraper des mulots, des canetons ou même des écureuils. Des légendes racontent même qu'un brochet aurait attaqué un enfant qui se baignait ou le pied d'une personne qui se rafraîchissait en les laissant traîner derrière la chaloupe. On a même raconté qu'en Russie on aurait retrouvé le corps d'un chien dans l'estomac de ce requin d'eau douce. Des pêcheurs s'étant accidentellement mis les orteils dans sa bouche, ont prétendu avoir été mordu par Esox lucius. Il est fort probable que sa grande bouche munie de dents acérées et ses yeux féroces ont aidé à faire croire aux gens que ce poisson était vraiment dangereux. Il l'est certes, mais pas pour l'humain.

J'étais à la pêche à l'omble de fontaine sur la Petite Rivière Rouge non loin de Montebello. C'est une rivière à peine plus large qu'un ruisseau. Je n'avais rien pris et ne comprenais pas pourquoi la truite, qui l'automne précédent était omniprésente, était complètement disparue de l'endroit. Je prospectais la rivière quand j'entendis un son qui ressemblait quelque chose qui tombe à l'eau. Je regardai dans la direction d'où venait ce bruit et ne vis que des cercles concentriques. Croyant qu'il s'agissait d'une truite je lançai ma Bob-It en plein centre de ces cercles. Rien ne vint mordre. Tout à coup j'entends un autre bruit d'eau remuée puis un autre et un autre et encore un autre. Je ne parvenais pas à voir ce qui se passait. C'est à ce moment que je fus le témoin d'une chose fort inusitée.

Cela se passait au printemps et le niveau de l'eau de la rivière était pas mal haut. Sans être sortie de son lit, la rivière s'était quelque peu élargie et ses rives entraient dans le bois. La base des aulnes était complètement recouverte. Des oiseaux venaient boire en se tenant sur les branches basses. Les brochets qui comme on le sait fraient au printemps dans les terres inondées, profitaient de cette situation en sautant carrément en dehors de l'eau, attrapant parfois un oiseau qui buvait. J'ai tout de suite compris pourquoi la truite était absente. Je suis retourné au chalet racontant à tout le monde ce que j'avais vu. Quelques-uns me regardaient avec un petit sourire en coin qui voulait en dire long. Mais je vous l'assure, ça s'est vraiment passé ainsi. Beaucoup plus tard sur la rivière Maskinongé à St. Didace, j'ai vu des maskinongés qui sautaient hors de l'eau en essayant d'attraper des hirondelles qui volaient en rase-mottes.


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La curiosité des poissons

Les poissons sont-ils curieux ? Je n'ai aucune certitude là-dessus mais je crois pouvoir répondre dans l'affirmative à cette question. Quand j'étais jeune, j'avais une petite amie de mon âge. Elle s'appelait Yvette Tardif. Ça doit bien faire 40 ans que je ne l'ai pas revue. Contrairement aux autres fillettes de son âge, elle n'avait peur de rien. Ensemble nous capturions grenouilles, têtards, couleuvres, écrevisses, poissons, ménés et larves d'insectes. Nous les étudiions ensuite dans une sorte de laboratoire aménagé dans une petite cabane sur pilotis que son père avait fabriquée. Pour prendre toutes sortes d'animaux aquatiques nous nous servions d'une épuisette. Nos mères respectives avaient cousu à l'intérieur du panier, un mince filet (moustiquaire) qui épousait la forme de celui-ci. Avec ses fines mailles, nos épuisettes ne laissaient rien passer.

Il nous arrivait parfois lors de nos cueillettes d'apercevoir des poissons adultes, soit des perchaudes ou des crapets-soleil. Voici comment nous procédions pour les capturer. Nous nous mettions face au courant et placions lentement notre épuisette dans l'eau à la hauteur du ou des poissons que nous voulions capturer. Huit fois sur dix, le poisson entrait de plein gré dans notre épuisette. Qu'est-ce qui pouvait donc pousser le poisson à pénétrer dans notre piège ? Je l'ignore ! Était-ce les ondulations de notre mince filet ?

C'est à cause de ces expériences répétées que j'en suis venu à la conclusion que les poissons sont curieux de nature.


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La grosseur du poisson versus les prises

C'est un fait bien connu de tous les pêcheurs, plus le poisson est gros, plus il est difficile à prendre. Ce texte tentera d'expliquer ce phénomène. Plusieurs fois lorsque nous revenons de la pêche, nous avons bien sûr réussi à prendre notre limite, mais nous n'avons malheureusement pas battu de record de grosseur. On dirait que plus ils sont gros, moins ils mordent. Pourtant, un gros poisson doit aussi se nourrir non ? Quels sont donc les facteurs qui jouent sur eux et sur nos nerfs ?

1. La rareté de ceux-ci.

Dans la vie d'un poisson, toutes sortes de choses peuvent lui arriver, de sa naissance à sa mort. Dès que l'oeuf a été pondu, il peut servir de proie à d'autres espèces de poissons, à certains oiseaux, et même certains insectes (Les nymphes de demoiselles et de libellules peuvent très bien se régaler des oeufs de poissons). Lorsqu'il est petit, le poisson ne connaît malheureusement pas tous les dangers et il s'aventure là où les prédateurs les attendent. Un héron par exemple attend dans l'immobilité la plus parfaite qu'un de ceux-ci passe à portée de son bec. Le martin-pêcheur grâce à sa vue perçante, localisera un banc de petits poissons et pourra ainsi nourrir sa petite famille. Les poissons prédateurs tels les brochets, dorés, achigans et perchaudes sont principalement piscivores. Aussi, faut-il penser aux différentes maladies qui peuvent affecter le poisson durant sa vie. Je n'ai pas de chiffres exacts quant au pourcentage de poissons qui se rendent à l'âge adulte, mais je me doute bien qu'il soit très faible. On se doute bien aussi que le pourcentage d'adultes présents dans un plan d'eau quelconque est très faible si on le compare à celui des alevins. Donc ils sont plus rares.

2. Leur sagesse.

Il y a beaucoup de chances qu'un poisson adulte ait déjà été pris par un pêcheur pendant son âge juvénile. Il se méfiera donc de tout hameçon, toute corde, tout fil ou bas de ligne. Il entendra tous les bruits dans l'embarcation ou dans le lit de sa rivière. Il se précipitera dans sa cachette à la moindre pointe d'ombre projetée dans l'eau par les pêcheurs ou les oiseaux. Il se méfiera de tout ce qui ressemble à un insecte et qui n'a pas le même comportement que ceux qu'il est habitué de voir. Il se méfiera des ménés qui tournent en rond ou des vers suspendus entre deux eaux. Bref il deviendra plus prudent quand viendra le temps de se nourrir et de se cacher.

3. Leur vieillissement.

Eh oui ! Les poissons vieillissent aussi. Il est gros et son appétit est très grand. Plus il est gros et plus il a besoin de nourriture. Une truite de 10 cm ne mangera pas la même chose qu'une truite de 50 cm. Une petite truite se contentera facilement de nymphes, de larves et d'insectes adultes. Bien sûr elle aura aussi ses gros morceaux comme une écrevisse. Mais pour la grosse c'est différent. L'énergie nécessaire pour bouger son corps et le déplacer a besoin d'être récupérée sous forme de nourriture. Elle mangera alors des chabots ou autres petits poissons qui habitent ses eaux. Elle ira même jusqu'à manger sa propre progéniture. Si une grenouille ou un mulot se ramasse à l'eau la grosse truite n'hésitera jamais à s'en saisir. Il est bien entendu qu'elle ne dédaignera pas quelques perlides ou odonates. Et qu'elle se servira dans le tapis de phryganes dans leur fourreau. Oui j'ai bien dit tapis car dans certaines rivières lorsque les glaces sont fondues et que l'eau se réchauffe peu à peu, ces phryganes sont si nombreuses qu'elles tapissent complètement le fond du cours d'eau. Elle ne lèvera sûrement jamais le nez sur une bonne fourmi (il y a même des pêcheurs qui sont allés jusqu'à goûter aux fourmis). Les poissons perdent-ils leurs dents ? Pour résumer on peut dire qu'elle mangera tout ce qui est nourrissant et qui n'exige pas trop de dépense d'énergie.

Mais il existe un autre aspect auquel on ne pense pas très souvent. À ma connaissance, personne n'a fait de recherches sur les changements dans le métabolisme du poisson alors qu'il est vieux. Regardons ce qui nous arrive lorsque nous sommes devenus vieux. Au niveau de la bouche, il y a beaucoup de changements. Les dents sont moins nombreuses, les gencives ont rétréci jusqu'à désenchâsser la base des dents. La digestion se fait plus difficilement, il n'est pas rare que des ulcères à l'estomac nous obligent à changer de diète. Les constipations sont plus fréquentes. Au niveau du reste du corps, les mouvements sont plus lents, demandent plus d'effort. Les articulations sont moins flexibles, les muscles moins forts, les os plus secs et cassants. La pensée est moins vive et souvent des maladies comme l'alzeimer altèrent le comportement de l'individu. J'ai beau chercher dans mes bouquins et ne trouve rien qui parle de gérontologie pour poissons. Ça peut vous sembler drôle mais, dans un même plan d'eau, ce sont bien les plus gros spécimens d'une même espèce qui sont les plus vieux.


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La vérité sur la pêche électrique

Traduction libre de l'article intitulé :"The truth about eletrofishing"
Fly fisherman March 1995, Volume 26 no.3, p.28 et 30
Réévaluation de cette pratique potentiellement dangereuse

Les biologistes de pisciculture commencent à changer les façons dont ils se servent de la pêche électrique, ainsi que de l'équipement nécessaire à cette pratique. Il se peut même qu'ils éliminent complètement cette méthode de pêche. Les biologistes pratiquent la pêche électrique depuis plus de trente ans parce que cette activité leur permet de recenser et d'étudier les populations de poisson. Des études récentes menées par le département de chasse et pêche de certains états américains, par des chercheurs indépendants et par le ministère de :"U.S. Fish and Wildlife"démontrent qu'à plusieurs occasions l'utilisation de ce procédé peut blesser le poisson et les oeufs qu'ils viennent de pondre.

La pêche électrique est particulièrement nocive à certaines espèces de truites et à un groupe de poisson d'une certaine grosseur. Les truites arc-en-ciel, brune, fardée (cut-throats) et l'omble de fontaine ont été blessées et des effets secondaires comme un stress exagéré, des problèmes respiratoires et même des os de la colonne vertébrale comprimés, brisés ou disloqués. Un pêcheur a même rapporté qu'après le départ d'un bateau de biologistes, il a pu observer plusieurs truites brunes s'échoir sur les rives, le corps tout contorsionné encore sous l'effet du choc. Toutes ces truites pesaient quelques livres (1-2 Kg). D'autres encore qui nageaient en cercle. Les pêcheurs sportifs commencent à se demander si une telle pratique ne tuera pas tous les poissons-trophés si elle est employée à plusieurs reprises durant la saison.


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Pas besoin d'être rapide pour prendre l'achigan.

Avant de juger mon titre, lisez bien ce qui suit. J'étais avec un groupe d'amis à la pêche à l'achigan sur la rivière Châteaugay. Nous en prenions quelques-uns et nous en gardions deux ou trois que nous avions attachés à une chaîne. En entrant le crochet directement sous la bouche de l'achigan et en lui ressortant par la bouche, l'achigan peut très bien passer la journée au bout de cette chaîne et rester vigoureux. Nous connaissions un autre endroit de la rivière où les brochets abondaient. Nous devions marcher cinq ou six minutes pour se rendre sur les lieux. On décide de laisser notre chaîne là où elle se trouve car nous ne comptions pas garder le brochet. Nous avons pêché quelques heures et nous sommes retournés à nos achigans. Une tortue se régalait de notre brochette d'achigans.


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La barbotte se prend-elle à la mouche ?

À tous les ans, mon père et moi allions pêcher dans un petit lac privé appartenant à la Congrégation des Frères de St-Gabriel à Ste-Béatrix, dans la région de Joliette. Ça ne coutait pas trop cher et nous y prenions notre quota d'ombles de fontaine. La plupart du temps, mon père prenait une chaloupe tandis que moi je pêchais à gué faisant le tour du petit lac dans mes grandes bottes. Je dois avouer humblement que j'en prenais plus de cette façon que mon père en prenait.

Je me promenais dons sur les rives du lac quand je vis ce que j'appelle "un nid de barbottes". Les petits formant un espèce de nuage noir et les parents au centre de ce nuage. J'en étais à mes débuts de la pêche à la mouche et je me demandais si la barbotte accepterait mon offre. Je lançai donc un petit Muddler Minnow au centre du nuage et le promenai dedans. Les parents surveillaient ma mouche mais ne la prenaient pas. Je fis des expériences avec plusieurs noyées et streamers sans résultats. C'est alors que j'attachai une petite nymphe plombée que j'avais montée. C'était une imitation de perle (stonefly), montée sur un hameçon 79580 no. 6. Dès que la mouche toucha le fond, je la ramenai lentement vers la rive en enroulant ma soie autours de ma main. Ainsi, je réussis à prendre le père et la mère que je relachai.

D'après cette expérience concluante, je peux donc affirmer que oui, la barbotte prend la mouche. Une autre expérience, cette fois sur la Rivière des Prairies, me permit de prendre plusieurs barbues avec un Badminton Muddler. Alors ne levez pas le nez sur les siluridae quand vous pêchez à la mouche.


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Températures préférentielles des Salmonidae

C'est le mois de juillet et une grande partie des travailleurs prend ses vacances pendant ce mois-ci. Tôt au printemps ou même durant l'hiver, notre vacancier a réservé un chalet à proximité d'un cours d'eau pour pratiquer son sport préféré, la pêche. Le propriétaire de l'endroit lui a assuré que son lac était ensemencé à tous les printemps et que la moyenne des truites était de dix pouces. Tout heureux notre vacancier part la tête pleine de rêves. Malheureusement dès la première journée, ses rêves sont loin de se réaliser. Pourtant les voisins lui confirment les dires du propriétaire et preuves à l'appui, lui montrent les prises effectuées une ou deux semaines avant son arrivée. Après deux ou trois jours de vaines tentatives notre pêcheur se décourage et se dit que le lac a été vidé par ses prédécesseurs.

Soyons réalistes et regardons de plus près la situation. Tout d'abord, la fin du mois de juin et le début du mois de juillet ont battu des records de chaleur et la température de l'eau du lac est montée de plusieurs degrés. Comme on le sait la truite ou l'omble de fontaine a besoin d'une eau très oxygénée. Plus la température de l'eau s'élève, moins l'eau retient l'oxygène. Donc il ne faut pas rechercher notre truite à la surface car c'est à cet endroit que l'eau est la plus chaude. Il ne faut pas non plus aller au beau milieu du lac et la pêcher dans le fond car voyez-vous, si la température de l'eau est trop froide, le métabolisme de la truite est au ralenti et elle ne se nourrit presque plus. Il faut donc la rechercher à l'endroit du cours d'eau où la température atteint un niveau optimal pour l'activité de la truite.

Pour ce faire, il suffit de posséder un thermomètre attaché au bout d'une corde graduée qui nous permettra de trouver la profondeur où la température optimale est atteinte. On vend de ces thermomètres dans toutes les boutiques de pêche. Pour terminer, voici un petit tableau qui vous permettra de retrouver vos salmonidés avec la température qui leur est propice.

Espèce
Degrés Fahrenheit
Degrés Celcius
Touladi 50° 10°
Ouananiche 50° et plus 10° et plus
Omble de Fontaine entre 55.4° et 68° entre 13° et 20°
Truite Arc-en-ciel entre 55.4° et 70° entre 13° et 21°
Truite Brune entre 65° et 75° entre 18.3° et 23.9°

Ces températures sont tirées de : Poissons d'eau douce du Canada (SCOTT*CROSSMAN)

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Non aux expériences sur le Poisson

Dans le cadre d'une émission diffusée ce midi (28 mai, 1998) par le canal Discovery, on faisait mention d'expériences visant à accélérer la croissance des Poissons. On a réussi à isoler un gène qui augmenterait le taux de croissance. Les sujets qui ont été inoculés dans l'oeuf étaient 5 à 10 fois plus gros que les sujets du même âge non inoculés. Ces expériences ont été faites par monsieur Gart Fletcher de AF/protein.

Un opposant à ces changements génétiques, monsieur Mark Winfield, nous explique les raisons qui le poussent à refuser systématiquement toute expérience du même genre. Dans les aquacultures, il arrive très souvent que toute la population meure à cause d'une maladie qui se propage très rapidement. Si jamais un Poisson de cette aquaculture s'échappait, il pourrait contaminer tous les Poissons naturels. De plus, les Poissons ayant été génétiquement modifiés gardent ce gène en eux et lorsqu'ils se reproduisent, transfèrent ce gène à leur progéniture. Ce qui pourrait éventuellement attaquer la population naturelle de nos océans.

Comme solution, il propose que tous les Poissons modifiés soient stérilisés.

Je m'oppose à toute expérience en génétique sur le monde animal. On n'est jamais certain des résultats à court terme et surtout à long terme. SVP envoyez un mot au Ministère de L'Environnement Canada afin que des plus grandes mesures de sécurité soient prises et si vous êtes de mon avis, que ces expériences cessent immédiatement.


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