Les Mouches


Amie ou Poisson-Castor - Amia calva


Amie ou Poisson-Castor Amia calva - Linné

Au Québec il n'existe qu'une seule espèce de Poisson-Castor : l'Amie Amia calva. La chair du Poisson-Castor n'est pas du tout appréciée en Amérique du Nord. Par contre certains pêcheurs recherchent cette espèce pour la bataille qu'elle peut livrer.

Description : Dès le premier coup d'oeil on se rend vite compte que l'amie est un poisson très robuste. Son corps est allongé, sa tête est ovale et robuste. Sa couleur est généralement olive foncée. Chez les sujets mâles on trouve un oeil sur la queue (nageoire caudale) qui est presque rond. L'Amie est le seul poisson à posséder une plaque gulaire osseuse à l'angle de la mâchoire inférieure. Sa nageoire dorsale est très longue et mince.Amie ou Poisson-Castor

Distribution : On retrouve le Poisson-Castor dans le Saint-Laurent supérieur (lac Saint-Pierre), le lac Champlain, la rivière Outaouais et dans tous les Grands lacs.

Habitat : L'adulte vit dans les baies marécageuses et pourvues de végétation des lacs et des rivières.

Habitudes : La fraie a lieu entre le 24 mai et le 1er juin. Il se nourrit surtout de Poissons.

Méthodes de pêche : Comme ce poisson est piscivore, on peut le prendre avec des petits poissons vivants ou morts, des cuillères ondulantes ou tournantes, de simples vers de terre ou encore avec des streamers si on le pêche à la mouche. Son besoin d'oxygène étant très bas, on le rencontre souvent là où d'autres espèces ne pourraient survivre.

Anecdote : Cela se passait sur le lac Brome dans l'Estrie, il doit bien y avoir trente ans de cela. Mon père, mon oncle Lucien Boivin accompagné de son fils Lucien junior et moi avions été taquiner l'achigan à petite bouche dans ce beau grand lac. Je m'en souviens car c'était la première fois que mon père m'amenait à cet endroit. Habitué à la couleur des eaux des rivières des Milles-Iles, Des Prairies, l'Assomption (près de St-Paul l'Hermite) et à celle du fleuve, la limpidité des eaux du lac Brome m'avait fasciné. On pouvait voir le fond à plus de cinq mètres de profondeur. Nous avions pris des brochets maillés Esox niger, espèce qui abonde dans ce lac, quelques petits achigans Micropterus dolomieui et un grand nombre de grosses perchaudes Perca flavcensens dodues avec un dos vert olive foncée, des nageoires oranges et des branchies d'un rouge si vif qu'on pouvait les distinguer sous l'eau lorsqu'un banc passait tout près de notre embarcation.

Soudain Lucien Junior tenait qu'elle chose de gros. Ça se débattait comme un achigan sans pour autant bondir hors de l'eau. "C'est un gros achigan j'en suis certain" S'écriait mon cousin en essayant du mieux qu'il pouvait de retenir son adversaire qui de toute évidence résistait à la traction qu'exerçait mon cousin. Après quelques minutes, peut-être cinq ou dix, on vit enfin son monstre. Il s'agissait d'un poisson-cartor d'au moins deux kilos. Il était vert sombre presque brun vermiculé de taches plus pâles. Sa large nageoire dorsale recouvrant tout le dos de derrière la tête au début de la queue. Cette dernière se terminait comme un aviron sans aucune échancrure. Sa bouche était très grande et formée de puissantes mâchoires munies de plusieurs dents pointues et acérées. Il y avait des dents partout. Il y en avait sur la langue, au palais, bref partout.

Il avait pris ce poisson-castor avec une petite Mepps Black Fury avec poils d'écureuil teints jaune autour du trépied. L'amie avait livré une bonne bataille et mon cousin connaissant déjà ce poisson savait que sa chair n'est pas propre à la consommation. Il remit donc sa prise à l'eau après l'avoir injuriée de tous les noms des saints, des objets saints et ce, en français comme en anglais. Plus tard il nous confia que ce poisson lui avait livré une bataille digne de n'importe quel achigan et qu'il en était tout de même heureux.


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