Bien entendu, ce site serait incomplet si je ne parlais pas des insectes. Le poisson se nourrit d'insectes qu'il s'agisse de sa larve, de sa nymphe ou de sa pupe, au stage imago ou sub-imago. La plupart des mouches utilisées pour la pêche sont des imitations d'éphémères : March Brown, Quill Gordon, Dark Hendrikson. Les Trichoptères représentés par les phryganes sont aussi des insectes que le pêcheur cherchera à imiter : Hornburg, Caddis larva et pupa. Les Odonates (libellule ou demoiselle) sont surtout imitées à leur stage nymphal mais certaines imitations d'insectes ailés sont aussi utilisées. Les Plécoptères ont aussi leurs nymphes si efficaces. Quant aux terrestres, vous n'aurez qu'à observer les insectes qui flottent à la surface de votre plan d'eau, pour ensuite créer l'imitation de cet insecte.
Éphémères
Sa vie aquatique étant de beaucoup supérieure en temps que sa vie adulte, l'éphémère nymphe est beaucoup plus disponible à la truite que l'éphémère adulte. Certaines nymphes d'éphémères nagent librement dans l'eau à la recherche de nourriture ; d'autres s'enfouissent dans le sable ; d'autres enfin, s'agrippent sous une pierre. Ces nymphes passent par plusieurs mues successives où elles refont peau neuve. À leur dernière mue, l'élytre (carapace recouvrant les ailes) se déchire et les ailes se déploient. Cette dernière mue a lieu soit sous l'eau, à la surface de l'eau ou sur d'autres surfaces (tige de plante aquatique, rocher émergeant de l'eau, épave). Celles qui le font en surface sont très vulnérables. Pendant qu'elles attendent que leurs ailes sèchent, les truites se ruent sur elles et les avalent goulûment. Enfin, elles forment un essaim où les mâles se retrouvent au centre et où les femelles choisissent leur mâle pour s'accoupler. Peu après l'accouplement, le mâle meurt et tombe à la surface de l'eau. La femelle ira pondre ses oeufs puis mourra à son tour. La ponte s'effectue de plusieurs manières possibles. Parfois, la femelle dispersera ses oeufs un à un et parfois en petits sacs en contenant plusieurs. Parfois elle les laissera tomber dans l'eau, parfois elle s'agrippera à un corps émergeant et entrera dans l'eau pour aller y pondre. Parfois elle plongera et nagera jusqu'au fond. Ces adultes n'ont souvent même pas d'appareils buccaux et ne se nourrissent pas. Ils ne sont là que pour procréer. Ces insectes sont une bonne indication sur le degré de pollution d'un cours d'eau. Ils sont sensibles aux polluants. Un cours d'eau sans éphémère a bien des chances de ne pas avoir de truites non plus. Voici un site qui vous renseignera sur toutes les espèces d'Éphémères d'Amérique du Nord. http://www.entm.purdue.edu/entomology/mayfly/contents.htmlEpeorus pleuralis ![]() Epeorus pleuralis à l'état de nymphe, facilement reconnaissable à ses pattes tachetées et à son corps plutôt plat. Quand elle se débarrasse de son enveloppe nymphale, elle le fait au fond du cours d'eau. L'utilisation de la mouche noyée donne alors d'excellents résultats. Le modèle classique de la Quill Gordon a été créé par Théodore Gordon, celui qui introduisit l'utilisation de la mouche sèche aux États-Unis vers 1880. En 1890, il fut le premier à utiliser des pointes de hackle comme matériel pour les ailes de ses mouches. Comme c'est l'une des premières éclosions, on l'utilise surtout au printemps. Elle émerge quand la température de l'eau atteint les 10 C ou 50 F, habituellement en début d'après-midi. Nous voyons ci-dessous, à gauche une femelle adulte (imago). À droite, nous voyons une femelle sub-imago, remarquez les ailes opaques. ![]() ![]() Odonates
Les Odonates comprennent les demoiselles et les libellules. Pour en faire la différence lorsqu'elles sont adultes, nous devons les observer pendant qu'elles sont au repos. Les demoiselles replient alors leurs ailes parallèlement à leurs corps tandis que les libellules maintiennent leurs ailes perpendiculaires à leur corps. À l'état nymphal, les demoiselles sont plutôt effilées alors que les libellules sont grosses et massives. Toutes les deux sont carnivores et se nourrissent d'insectes. Leur système respiratoire est anal. Des branchies recouvrent l'intérieur de leur anus. Elles font circuler l'eau vers les branchies pour ensuite l'expulser. Lors de l'expulsion, l'abdomen de l'Odonate se contracte et si la contraction est rapide, cette expulsion devient ainsi un mode de propulsion. À l'état larvaire, les Odonates s'attaquent même à des proies aussi grosses que des têtards et des petits poissons. Elles peuvent rester nymphes pendant plusieurs années (2-3). Adultes, les Odonates ne perdent guère leur instinct de chasseur. Quand on en observe, il est facile à voir qu'elles sont en perpétuel mouvement et qu'elles sont même très territoriales. Ce sont les insectes qui volent le plus rapidement sur terre. Voici un lien qui vous permettra d'en connaître plus sur les Odonates. http://www.dragonflies.org/Plécoptères
Les Plécoptères sont aussi une denrée fortement appréciée des truites et des achigans. On l'appelle perle, helgramite ou mouche de pierre (stone-fly). Comme certaines d'entre-elles deviennent très grosses, elles deviennent des bouchées de choix pour les gros spécimens de truite. On l'imite surtout à l'état nymphal mais sa version sèche donnent d'excellents résultats. Ces insectes demandent une très forte oxygénation de l'eau. Certaines sont carnivores et d'autres végétariennes. C'est un insecte inoffensif et il n'existe aucun danger à le manipuler. Pour en trouver, il suffit de lever et de retourner une pierre submergée. Il faut agir rapidement. Ils sont accrochés en dessous mais soyez rapides ils bougent beaucoup et souvent on n'a pas le temps de les attrapper. C'est un magnifique insecte à regarder. Adulte, on se demande comment il fait pour voler son vol est erratique et on dirait toujours qu'ils sont trop lourds pour leur envergure d'ailes. Leur éclosion se fait parfois très tôt au printemps et même en hiver sur la neige mais selon l'espèce, se poursuit tout l'été. Voici donc une liste qui contient tous les plécoptères trouvés au Québec :
Terrestres
Seulement quelques insectes terrestres nous préoccupent : Les abeilles et les guèpes, les fourmis, les sauterelles, certains papillons et certains coléoptères. Ces insectes se retrouvent parfois dans l'eau à cause d'un coup de vent ou autre phénomène. Les truites raffolent des fourmis et croyez-moi, il faut parfois avoir la bonne imitation pour les prendre. Un pêcheur américain a goûté aux fourmis et il prétend que c'est l'insecte qui a le goût le plus prononcé et que c'est pour cette raison que les truites en raffolent. Vers la fin juillet les sauterelles sont omniprésentes et les truites et les achigans ne les dédaignent pas non plus. La meilleure imitation que je connaisse est celle de Joseph Boulard à Joliette et qui se nomme la Joliette Hopper. Les abeilles et les guèpes sont imitées par la McGuinty. Les papillons sont imités par de grosses Hornburg et leur chenille par les Wooly Worms. Trichoptères
J'ai tout d'abord été très surpris en écoutant le bulletin de nouvelles du 30 mai 1995. Les maires de Ville Lasalle et de Verdun sont dans tous leurs états car les pistes cyclables qui longent le canal Lachine sont envahies par des trichoptères. Dans le bulletin en question on parlait de mannes, d'éphémères, deux insectes très différents l'un de l'autre. Les maires en questions vont chercher un moyen écologique pour débarrasser les pistes de cet intrus. Cette année il semble qu'on ait trouvé cette solution. Il s'agit d'installer une colonie d'oiseaux qui bouffent ces insectes. Dans cinq, dix ou vingt ans on cherchera un moyen de se débarrasser de ces oiseaux. Les trichoptères sont des insectes qui passent la majeure partie de leur vie dans l'eau. Ils passent par les trois stages de l'évolution d'un insecte c'est-à-dire, la larve, la pupe et l'adulte. À l'état larvaire, ces insectes se construisent un fourreau avec des petites pierres, des bouts de branches et tout ce qu'ils peuvent trouver. Certains trichoptères construisent même des toiles comme les araignées et ils attrapent les petits insectes et particules de nourriture qui sont transportés par le courant. À un certain moment de leur vie, ils deviennent des pupes. Ils se laissent alors dériver dans l'eau. Finalement lorsque la température de l'eau atteint un certain degré toutes les pupes remontent à la surface et devenus adultes ils s'envolent. Les trichoptères lorsqu'ils vivent dans l'eau forment une grande partie de la diète des poissons, des oiseaux, des amphibiens, et d'autres insectes. À l'état adulte leur éclosion a lieu en même temps que divers oiseaux insectivores ont leur portée d'oisillons. La nature est ainsi très bien faite et je crois sincèrement que nous l'avons déjà assez bouleversée comme ça. Une vraie solution écologique, serait de fermer ces pistes aux cyclistes et en faire un sentier d'interprétation de la nature où la population pourrait venir observer une fois par année, pendant deux semaines, l'éclosion des trichoptères. La piste cyclable serait fermée pour deux semaines. Si on implante une colonie d'oiseaux insectivores qui nous dit que les hirondelles reviendront ? Auront-elles assez de nourriture pour se nourrir et nourrir leurs petits ? Ce sont les déséquilibres causés par l'homme qui sont les pires ennemis de la nature. Nous devons cesser de tenter de la rendre à notre goût, quand cela nous semble bon. © Tous droits réservés - Claude Pagé - Les Mouches 2000-2002
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